Hémorroïdes, simplement

Se soigner : comment traiter les hémorroïdes, dans quel ordre

Crèmes et médicaments contre les hémorroïdes : que valent-ils ?

Texte rédigé avec l'aide d'une IA · mis à jour le

Quatre familles de médicaments se partagent les rayons : les crèmes et suppositoires, les veinotoniques par la bouche, les antalgiques et les laxatifs. Aucune ne fait la même chose. Toutes se prennent sur une courte période, une à deux semaines 1, et aucune n’empêche la crise suivante 5. Les crèmes, les suppositoires et les veinotoniques ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie 1.

Ce site ne recommande aucun produit : le choix se fait avec un pharmacien ou un médecin. Ce qui suit résume ce que disent les autorités et les études.

Qu’est-ce qu’on trouve en pharmacie, et à quoi ça sert ?

Famille Ce que ça fait Ses limites Ordonnance, remboursement
Crèmes et suppositoires Décongestionnent, lubrifient, calment l’inflammation 1 ; font pansement contre les selles 1 N’évitent pas les crises 5 Sans ordonnance, sauf s’ils contiennent un corticoïde ; non remboursés 1
Veinotoniques par la bouche (diosmine et autres flavonoïdes) Moins de saignements, amélioration d’ensemble 7 Pas d’effet démontré sur la douleur 7 ; pas de prévention 1 Non remboursés 1
Antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires) Soulagent la douleur, en particulier celle de la thrombose 1 Un AINS : 5 jours au plus sans ordonnance 2 Oui pour les antalgiques de niveau II et III 2
Laxatifs (de lest, osmotiques, lubrifiants) Luttent contre la constipation qui aggrave la maladie 1 — —

Que font vraiment les crèmes et les suppositoires ?

Ils associent en général plusieurs molécules : souvent un anti-inflammatoire, parfois un corticoïde, un anesthésique local, des flavonoïdes 5. L’anesthésique le plus courant est la lidocaïne, qui diminue la douleur sur place 1. Ensemble, ils font baisser l’œdème, calment l’inflammation et protègent la paroi du canal anal 4.

Ça marche ? Les sources ne sont pas d’accord. Pour la Société nationale française de colo-proctologie, des données scientifiques valident ces médicaments dans la crise 4. Pour la société américaine de gastro-entérologie, en 2026, les traitements locaux peuvent s’envisager, mais peu de données appuient leur efficacité 6. Sur un point, la société française est nette : ils soulagent, mais n’évitent pas les crises 5.

Laquelle choisir ? Aucune étude n’a comparé ces produits entre eux 5. Une crème présentée comme « la plus efficace » l’est donc sans preuve.

Crème ou suppositoire ?

En général, le suppositoire pour les hémorroïdes internes, la pommade pour les externes 5. Le suppositoire a un rôle de plus : il lubrifie le canal anal et facilite le passage des selles 5.

Combien de temps peut-on les utiliser ?

Une à deux semaines 4. Leur usage ne doit pas se prolonger 1. Pour une crème qui contient un corticoïde, la limite est nette : pas plus de deux semaines d’affilée 6.

Les veinotoniques marchent-ils ?

Les veinotoniques, ou phlébotoniques, forment une famille hétérogène : des extraits de plantes comme les flavonoïdes, et des molécules de synthèse 7. En France, ce sont des médicaments, et ils ne sont pas remboursés 1.

La revue Cochrane de 2012 a réuni 20 essais et 2 344 personnes 7. Elle trouve un effet sur les saignements et sur l’amélioration d’ensemble 7. Elle n’en trouve pas sur la douleur 7. Les essais rapportent peu de problèmes de sécurité, mais leur méthode a des limites 7.

L’Assurance maladie en fixe l’usage 1 :

Les compléments alimentaires à base de plantes vendus « pour la circulation » ne sont évalués par aucune des sources consultées : ce site ne les présente pas comme un traitement.

Quel médicament contre la douleur ?

Le paracétamol et les anti-inflammatoires soulagent bien, surtout la douleur de la thrombose 1. Sans ordonnance, l’Assurance maladie demande de privilégier le paracétamol 2, contre-indiqué en cas d’allergie ou d’insuffisance du foie 2. Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS, comme l’ibuprofène) ne se prend pas plus de 5 jours sans avis médical 2.

Un piège : les antalgiques plus forts, de niveau II et III, demandent une ordonnance 2, et la morphine et ses dérivés constipent 2. Or la constipation aggrave la maladie hémorroïdaire 1. Signalez vos hémorroïdes au médecin qui vous les prescrit.

Les gestes qui accompagnent les médicaments pendant une crise sont détaillés sur la page consacrée à la crise.

Faut-il prendre un laxatif ?

Oui, s’il y a une constipation, parce qu’elle aggrave la maladie. L’Assurance maladie cite les laxatifs de lest, osmotiques et lubrifiants 1. Pendant la grossesse, un laxatif osmotique ou un mucilage peut être prescrit 5.

Enceinte ou en train d’allaiter : que peut-on prendre ?

La même revue relève que les traitements les plus courants, le régime et les traitements locaux, n’ont jamais été correctement évalués pendant la grossesse 9.

Quels effets indésirables surveiller ?

L’allergie de contact. Parmi les médicaments appliqués sur l’anus et les organes génitaux, les anesthésiques locaux et les corticoïdes sont les premières causes d’allergie 8. Dans un service belge spécialisé dans l’allergie de contact, 9 % des 473 patients testés pour une lésion de cette région étaient allergiques à un médicament local 8. L’humidité, la transpiration et l’occlusion de la zone favorisent cette sensibilisation 8. Si une irritation s’aggrave sous traitement, parlez-en à un pharmacien ou à un médecin.

Quand ces médicaments ne suffisent plus ?

Au-delà d’une à deux semaines, ils ne sont plus justifiés 4. Si les troubles persistent malgré eux, un traitement instrumental peut être proposé, en consultation 1. Des saignements ou une procidence (une hémorroïde qui sort) chroniques relèvent de ces gestes, pas d’une crème 4.

Et une douleur vive au moment d’aller à la selle évoque plutôt une fissure anale 6 : une crème contre les hémorroïdes ne vise alors pas la bonne cible.

Peut-on mourir des hémorroïdes ? Quand faut-il consulter ?

Sources

  1. Hémorroïdes : consultation et traitement, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
  2. Bien utiliser les médicaments antalgiques contre la douleur, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
  3. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez les femmes enceintes : améliorer l'information sur les risques pour un meilleur usage, Agence nationale de sécurité du médicament (ansm.sante.fr), consulté le 25 septembre 2026.
  4. Les hémorroïdes, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  5. Hémorroïdes et Grossesse, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  6. AGA Clinical Practice Update on Diagnosis and Treatment of Hemorrhoids: Expert Review, Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2026 (American Gastroenterological Association), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  7. Phlebotonics for haemorrhoids, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2012 (Perera et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  8. Iatrogenic allergic contact dermatitis in the (peri)anal and genital area, Contact Dermatitis, 2021 (Gilissen et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  9. Conservative management of symptomatic and/or complicated haemorrhoids in pregnancy and the puerperium, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2005 (Quijano et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  10. Bien utiliser les médicaments antalgiques contre la douleur, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.