Hémorroïdes, simplement

Comprendre les hémorroïdes : définition, fréquence, signes

Thrombose hémorroïdaire : durée, photos, faut-il l'inciser ?

Texte rédigé avec l'aide d'une IA · mis à jour le

Une thrombose hémorroïdaire, c’est un caillot dans une hémorroïde 3. Elle fait très mal, d’un coup 5, mais elle est bénigne : le caillot ne migre pas, et il n’y a pas de risque d’embolie pulmonaire 1. La douleur dure en général 2 à 5 jours ; la boule, elle, met 1 à 6 semaines à disparaître 4. La faire retirer ne se discute que dans les tout premiers jours, sur une thrombose externe sans œdème 5. Sinon, elle guérit toujours seule en quelques semaines 8.

Thrombose hémorroïdaire : que se passe-t-il exactement ?

Un caillot se forme dans une hémorroïde 3. Le plus souvent dans une hémorroïde externe, sous la peau du bord de l’anus : les recommandations françaises la définissent par un ou plusieurs caillots situés sous la ligne pectinée, la frontière entre le canal anal et la peau 8.

Comment ce caillot se forme, personne ne le sait précisément 3. Deux explications coexistent : un petit vaisseau qui se rompt et fait un hématome, ou un caillot qui se forme dans le vaisseau, quand le sang stagne et que la zone est malmenée 3. Les proctologues décrivent une congestion du tissu hémorroïdaire, qui aboutit à un œdème et à des caillots 4.

Pourquoi ça fait si mal : la peau de cette zone est tendue, et quand un caillot s’y forme, la pression monte très vite 10.

Schéma en coupe du canal anal : sous la peau du bord de l’anus, à gauche, un renflement rempli de points bleus.

Coupe du canal anal. En bas à gauche, sous la peau du bord de l’anus, les points bleus figurent le caillot d’une thrombose externe. Les points rouges, plus haut, sont les hémorroïdes internes.

Externe ou interne : à quoi ressemble une thrombose hémorroïdaire ?

La thrombose externe est la plus fréquente. La douleur est permanente, très vive, et apparaît brutalement 5. Au bord de l’anus, sous la peau, une boule rose ou bleuâtre 5. Sa couleur dépend du moment : blanche ou rose tant qu’il y a de l’œdème, bleue ou violacée quand le caillot devient visible 7. La taille, le nombre de caillots et l’œdème varient d’une personne à l’autre 5. Parfois, elle ne fait pas mal, surtout quand il n’y a pas d’œdème 5.

Photo clinique : au bord de l’anus, une grosse boule violacée et tendue, dont la surface montre de petites taches noires et un peu de sang.

Une thrombose externe volumineuse, dont la peau tendue commence à s’éroder. D’autres photos, d’une petite et d’une grosse thrombose, figurent sur la page consacrée à l’hémorroïde externe.

La thrombose interne est beaucoup moins fréquente 3. Le plus souvent, l’hémorroïde interne thrombosée est sortie de l’anus 4 : c’est une masse rouge, plus ou moins noirâtre, érodée et douloureuse 6. Cet aspect noirâtre, qu’on appelle nécrotique, impressionne. Pour les proctologues, ce n’est pas un signe de gravité 6, et la guérison se fait toujours seule 6. Plus rarement, la thrombose interne reste dans le canal anal, et on ne la découvre qu’à l’examen 3. Quand le gonflement fait le tour de l’anus, on parle parfois d’« étranglement hémorroïdaire », un terme impropre 3.

Photo clinique : tout autour de l’anus, des hémorroïdes internes sorties, gonflées, rouge sombre, avec des zones noirâtres en surface.

Des hémorroïdes internes sorties et thrombosées, tout autour de l’anus. Les zones noirâtres font peur ; elles ne sont pas un signe de gravité.

Combien de temps dure une thrombose hémorroïdaire ?

Il faut compter deux durées, pas une. Les proctologues les séparent dans leur fiche pour les soignants : la période douloureuse se limite en général aux 2 à 5 premiers jours 4, et la boule met 1 à 6 semaines à disparaître 4.

Quand Ce qui se passe
Jour 1 La douleur apparaît d’un coup, avec la boule 5
Jours 2 et 3 La douleur est à son maximum, 48 à 72 heures après le début 10
Jours 3 et 4 L’œdème disparaît, et la douleur baisse avec lui 3
Jours 4 et 5 La douleur est en grande partie passée 10 11
Vers le 10ᵉ jour Plus de douleur du tout, dans une série allemande de 619 patients 11
De 1 à 6 semaines La boule se résorbe 4, en 3 semaines en moyenne 5
Ensuite Parfois, un petit relief de peau reste : la marisque 3

Pourquoi les chiffres varient d’une source à l’autre. L’Assurance maladie parle d’une guérison en 5 à 15 jours 1 ; la SNFCP, de 2 à 6 semaines pour le caillot 3 ; une série américaine de 231 personnes, de 24 jours de symptômes en moyenne sans geste 12. Ces sources ne mesurent pas la même chose : la douleur passe vite, la boule met longtemps à partir.

Deux repères pour ne pas attendre à tort :

Poursuivre les anti-inflammatoires ne fait pas partir la boule plus vite 4. Les gestes et médicaments qui aident à passer les premiers jours sont détaillés sur la page consacrée à la crise.

Un caillot : y a-t-il un risque de phlébite ou d’embolie ?

Non. Le caillot ne migre jamais, et ne peut donc pas provoquer d’embolie 3. Il n’y a aucun risque de migration, d’infection ni de cancérisation 4. Même quand la peau cède et que la thrombose saigne, il n’y a pas de risque d’hémorragie grave ni d’infection 4.

La thrombose hémorroïdaire n’est pas une phlébite. Une étude n’a trouvé aucun rôle, dans la thrombose hémorroïdaire, des mutations génétiques qui favorisent les phlébites et les embolies 16.

Les anticoagulants ne la soignent pas non plus : les recommandations françaises notent qu’aucune démonstration de leur efficacité n’a été faite dans la thrombose hémorroïdaire 8. Nous avons cherché dans PubMed, la base des publications médicales, en septembre 2026 : aucune étude n’y évalue un anticoagulant pour traiter une thrombose hémorroïdaire.

Faut-il faire inciser une thrombose hémorroïdaire, et jusqu’à quand ?

Ce n’est pas systématique 8. Retirer le caillot ne fait qu’accélérer la disparition des symptômes 7. C’est la douleur qui décide, et le traitement dépend du temps écoulé depuis le début 10.

La fenêtre est courte. Une revue du JAMA, en 2025, associe l’évacuation du caillot dans les 72 heures à moins de douleur et à moins de récidives 15 ; au-delà de 72 heures, elle recommande le traitement médical 15. Le mini-guide des urgences de la SNFCP commence par le traitement médical : si la douleur n’est pas soulagée sous 3 jours et qu’il n’y a pas d’œdème, une incision ou une excision est possible ; au-delà de 3 jours, ou s’il y a plusieurs thromboses, pas de geste 5. Les deux fenêtres tournent autour du troisième jour, sans être identiques.

Quand le geste est inutile ou impossible 4 :

Il ne se fait que si un ou quelques caillots sont bien visibles et palpables 4. Une thrombose interne ne doit être ni incisée ni excisée, à cause du risque de saignement et de fissure 8.

Le geste lui-même se fait sous anesthésie locale : une petite piqûre, un demi-millilitre suffit, juste sous la peau qui recouvre le caillot 4. Deux techniques existent.

Incision Excision
Ce que fait le médecin Il ouvre la boule au bistouri et vide la cavité du caillot 2 Il retire la peau gonflée, le caillot et le sac fibreux qui l’entoure 2
Cicatrisation 2 à 3 jours, plaie minime et peu douloureuse 8 5 à 6 jours, léger suintement, douleur souvent modérée 8
Ce qui peut rester Risque de récidive immédiate de l’œdème, et de marisque 8 Moins de marisques, dans un essai 13

Laquelle choisir ? Les preuves sont minces. Les recommandations sur ce geste reposent uniquement sur l’avis d’experts, constate une étude de 2023 14. Dans un essai croate de 150 patients répartis entre incision, excision et pommade 13, il n’y avait plus aucune différence au bout d’un mois 13, mais l’excision laissait moins de marisques 13. Dans l’étude de 2023, observationnelle 14, l’incision réussissait plus souvent que l’excision, 86,8 % contre 67,2 % 14, mais l’écart n’était pas statistiquement significatif 14. Les recommandations françaises tranchent sur un point : si la thrombose revient au même endroit après une incision, il faut préférer l’excision 8.

Même sans douleur, une excision peut se discuter pour éviter une marisque qui gênerait l’essuyage 8. La comparaison entre attendre et intervenir, chiffres à l’appui, est sur la page consacrée à l’hémorroïde externe.

Et si vous prenez un anticoagulant ?

Les recommandations françaises de 2013 distinguent deux cas :

Elles ajoutent qu’il n’y a pas lieu de modifier le traitement de la maladie hémorroïdaire chez une personne sous anticoagulant 8.

Pourquoi maintenant ? Et est-ce que ça reviendra ?

Ce qui la déclenche. Elle survient plutôt après un exercice physique important, le vélo par exemple, ou un traumatisme comme l’accouchement 1. La SNFCP cite aussi l’alcool, les épices, le stress, le port de charges lourdes et les voyages, qu’on a « incriminés » 3 : aucun n’est démontré. Une seule enquête a comparé 72 personnes ayant fait une thrombose externe à 76 personnes qui n’en avaient pas 17. Avoir 46 ans ou moins, faire des efforts physiques excessifs, et s’essuyer au papier sec puis se laver à l’eau y étaient associés à un risque plus élevé 17. Pour le vélo et l’avion, nous n’avons trouvé aucune étude dans PubMed.

Elle touche surtout l’adulte jeune, mais aussi l’adolescent et la personne âgée 4.

La récidive. Une thrombose peut rester isolée ou revenir souvent 4. Les chiffres varient : sans geste, 25,4 % de récidive dans la série américaine de 231 personnes 12, 6,3 % dans la série allemande de 619 11. Dans la série américaine, aucun facteur ne permettait de prévoir qui récidiverait 12. Les thromboses de la grossesse et de l’accouchement restent le plus souvent un accident isolé 4.

Il n’existe pas de traitement préventif des thromboses 3. Quand elles reviennent souvent et gênent la vie, seule une opération règle le problème, et elle se programme sans urgence 3.

Et si ce n’était pas une thrombose ?

Un simple examen suffit au médecin dans la grande majorité des cas 4. Il cherche d’abord à ne pas passer à côté de trois autres causes 4 :

Pour une thrombose interne, l’apparition de fièvre doit faire penser à autre chose 6.

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Sources

  1. Hémorroïdes : définition, facteurs favorisants et symptômes, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
  2. Hémorroïdes : consultation et traitement, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
  3. Thrombose (ou crise) hémorroïdaire, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  4. Que faire devant une thrombose hémorroïdaire en service non spécialisé ?, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), fiche pour les soignants, consulté le 25 septembre 2026.
  5. Thrombose hémorroïdaire externe (mini-guide des urgences en proctologie), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  6. Thrombose hémorroïdaire interne (mini-guide des urgences en proctologie), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  7. Thrombose hémorroïdaire (fiches diagnostiques), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
  8. Recommandations pour la pratique clinique du traitement de la maladie hémorroïdaire (version longue), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), recommandations de 2013, PDF, consulté le 25 septembre 2026.
  9. Recommandations pour la pratique clinique du traitement de la maladie hémorroïdaire (version courte), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), recommandations de 2013, PDF, consulté le 25 septembre 2026.
  10. Hemorrhoids: Expanded Information, American Society of Colon and Rectal Surgeons (fascrs.org), consulté le 25 septembre 2026.
  11. Perianal thrombosis: no need for surgery, Langenbeck's Archives of Surgery, 2022 (Alldinger et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  12. Thrombosed external hemorrhoids: outcome after conservative or surgical management, Diseases of the Colon & Rectum, 2004 (Greenspon et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  13. Comparison of topically applied 0.2% glyceryl trinitrate ointment, incision and excision in the treatment of perianal thrombosis, Digestive and Liver Disease, 2001 (Cavcić et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  14. Local excision versus thrombectomy in thrombosed external hemorrhoids: a multicenter, prospective, observational study, BMC Surgery, 2023 (Yalcinkaya et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  15. Hemorrhoidal Disease: A Review, JAMA, 2025 (Ashburn et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  16. Effect of Genetic Factors on the Etiopathogenesis of Thrombosed Hemorrhoidal Disease, Chirurgia, 2019 (Abuoğlu et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
  17. Aetiology of thrombosed external haemorrhoids: a questionnaire study, BMC Research Notes, 2009 (Gebbensleben et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.

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