Comprendre les hémorroïdes : définition, fréquence, signes
Marisque : photos, hémorroïde ou non, faut-il l'enlever ?
Texte rédigé avec l'aide d'une IA · mis à jour le
Une marisque est un repli de peau au bord de l’anus 1. Elle est souple, ne fait pas mal, et ne donne pas de symptôme en dehors d’une gêne pour l’hygiène ou d’un souci d’apparence 1. C’est souvent ce qui reste d’une ancienne thrombose hémorroïdaire 2. Ce n’est pas un polype, et elle ne présente pas de risque de devenir un cancer 3. Aucune crème ne la fait partir : le seul traitement est de la retirer 1, et on ne retire que celles qui gênent vraiment 3. Le geste se fait le plus souvent sous anesthésie locale, en consultation 2, et la plaie cicatrise en 5 à 15 jours 3.
À quoi ressemble une marisque ?
Le mot vient du latin marisca, une « sorte de petite figue » 1. Les proctologues décrivent un repli de peau autour de l’anus, de quelques millimètres à 2 cm, le plus souvent souple, indolore et sans plaie 2. Leur page destinée aux patients va jusqu’à « quelques centimètres » 1. Il peut y en avoir une ou plusieurs 2.

Une marisque : un repli de peau souple, de la même couleur que la peau voisine. Rien de gonflé, rien de violacé.
La seule étude que nous ayons trouvée sur des personnes en bonne santé, en 1978, en a trouvé surtout à l’avant et à l’arrière de l’anus 4. Les marisques y grandissaient avec l’âge 4, et celles des femmes étaient en moyenne plus grandes que celles des hommes 4.
Ce qu’elle peut causer, quand elle en cause :
- une gêne à l’essuyage si elle est volumineuse 1, avec des essuyages répétés ou le besoin de se laver après la selle 1 ;
- de la macération dans le pli des fesses 1, qui peut donner des démangeaisons, voire de l’eczéma 1 ;
- une irritation à l’effort 3 ;
- parfois, un gonflement légèrement douloureux 1.
Une marisque qui fait vraiment mal, qui s’ouvre en plaie ou qui durcit ne correspond plus à cette description. Plus bas, les situations qui doivent faire consulter.
D’où vient une marisque ?
D’une thrombose, le plus souvent. Les marisques sont souvent la forme de guérison d’une thrombose ancienne 2. Le caillot étire la peau qui le recouvre ; une fois le caillot résorbé, la peau reste distendue 5. Les recommandations françaises notent qu’une thrombose simplement incisée expose à une marisque résiduelle 6. Dans un essai de 150 patients, l’excision de la thrombose laissait nettement moins de marisques que l’incision ou qu’une pommade 7. D’où une option : quand une thrombose ne fait pas mal, on peut envisager de l’exciser pour éviter une marisque disgracieuse 6.
D’un accouchement. Il reste parfois des marisques après une distension due à une thrombose ou à un œdème 8. Une étude a examiné 165 femmes enceintes pendant les trois derniers mois de la grossesse, puis après l’accouchement 9 : 33 ont fait une thrombose externe après la naissance 9, dans 91 % des cas dès le premier jour 9.
D’une fissure. Une fissure chronique s’accompagne souvent d’un épaississement de la peau à son bord externe, qu’on appelle marisque, ou capuchon 10 11. Ce relief peut gonfler au point d’imiter une thrombose 8. Il peut rester après la cicatrisation de la fissure 10.
Sans cause apparente, parfois 1 5. Ou dans le cadre d’une maladie, par exemple la maladie de Crohn 1, traitée plus bas.
Combien de personnes ont une marisque ? De 5 % à 80 %, selon qui on examine
| Qui a été examiné | Part avec des marisques |
|---|---|
| 294 personnes en bonne santé, toutes examinées 4 | 80 % des femmes, 60 % des hommes 4 |
| 272 patients d’une consultation générale d’hôpital, au Nigeria, dont seuls ceux qui avaient un symptôme anal ont été examinés 12 | 5,5 % 12 |
| 249 personnes traitées pour une fissure chronique 13 | 27,3 % avec une marisque marquée au bord de la fissure 13 |
| 169 personnes adressées pour des « hémorroïdes » qui avaient autre chose 14 | 27 % : c’était une marisque 14 |
| Malades de Crohn suivis dix ans après le diagnostic, en population 15 | 18,7 % 15 |
| 325 enfants et adolescents atteints de maladie de Crohn 16 | 35 % 16 |
| Après une opération des hémorroïdes | 1 à 21 % selon les séries 6 |
Notre lecture. Ces chiffres ne mesurent pas la même chose. L’étude à 80 % a examiné tout le monde, avec ou sans gêne ; celle à 5,5 % n’a examiné que les personnes qui se plaignaient de l’anus. Une marisque qui ne gêne pas passe inaperçue, et personne ne la compte. Le chiffre de 80 % vient d’une seule étude, ancienne, et nous n’en avons trouvé aucune qui l’ait refaite.
Marisque ou hémorroïde : comment faire la différence ?
| Ce que vous voyez ou sentez | Ce que c’est le plus souvent |
|---|---|
| Un repli de peau souple, indolore, sans plaie 2 | Une marisque |
| Une boule rose ou bleuâtre sous la peau du bord de l’anus 17, avec une douleur très vive, apparue d’un coup 17 | Une thrombose hémorroïdaire externe |
| Une masse qui sort de l’anus à la selle ou à l’effort 18 | Une hémorroïde interne qui sort |
| Un repli au bord de l’anus, avec une douleur pendant et après la selle 19 | Une fissure, surmontée de sa marisque 19 |
| Des excroissances comme des verrues, blanchâtres, rosées ou grisâtres, à crêtes dentelées 20 | Des condylomes, dus à un virus 21 |
| Un repli ulcéré en son centre 2 | Une pseudo-marisque, qui fait rechercher une maladie de Crohn 2 |
Les deux schémas ci-dessous montrent la même coupe du canal anal. Seul change le détail en bas à gauche.
Une marisque : un repli de peau, vide.
Une thrombose externe : le même endroit, mais la peau est soulevée par un caillot (en bleu). Quand il se résorbe, il peut laisser le repli du premier schéma.

Des condylomes : plusieurs petites excroissances granuleuses, blanchâtres. Une marisque est au contraire un repli lisse, de la couleur de la peau.
Marisque et hémorroïdes vont souvent ensemble 22. Une marisque peut même être l’expression d’un glissement du tissu hémorroïdaire de l’intérieur de l’anus 3.
Le tableau aide à s’orienter, pas à trancher. Le médecin fait un examen complet, en déplissant bien le bord de l’anus, à la recherche d’une autre lésion 2. Même les médecins se trompent : sur 476 personnes adressées à un spécialiste pour des « hémorroïdes » 14, le diagnostic était juste chez 65 % 14. Chez les autres, c’était d’abord une fissure (34 %), puis une marisque (27 %) 14.
Une marisque peut-elle devenir un cancer ?
Non. Les proctologues l’écrivent sans réserve : les marisques ne sont pas des polypes et ne présentent pas de risque de dégénérescence cancéreuse 3.
Le risque est ailleurs : prendre pour une marisque ce qui n’en est pas une. Une marisque dure ou ulcérée, ou une « fissure » qui ne guérit pas, doivent faire évoquer un cancer de l’anus 23. Un petit cancer débutant est assez souvent pris pour une fissure ou des hémorroïdes 23. Une marisque ancienne, souple et qui ne change pas n’a rien de ce tableau.
Faut-il faire analyser une marisque qu’on retire ? Aucune série de marisques analysées en laboratoire n’a été publiée : nous avons cherché dans PubMed, la base des publications médicales, en septembre 2026. Les données existantes portent sur des hémorroïdes opérées, et elles ne disent pas la même chose :
- une méta-analyse de 11 études trouve un cancer de l’anus dans 0,13 % des pièces 24, et juge l’analyse systématique peu rentable 24 ;
- une série de 2 997 opérations d’hémorroïdes ou de fissure trouve des lésions précancéreuses dans 3,2 % des pièces qui paraissaient normales à l’œil 25.
Crème, huile essentielle : peut-on faire disparaître une marisque ?
Non. C’est de la peau, et le traitement est forcément physique : on la retire 1. Un rapport d’évaluation britannique le dit dans les mêmes termes : le seul traitement est l’excision 22. Une marisque peut persister, après un accouchement 8 comme après la guérison d’une fissure 10.
Ce qui aide à vivre avec : la toilette à l’eau, des savons doux, et un transit régulier pour éviter une nouvelle thrombose 2.
Faut-il enlever une marisque ?
Le plus souvent, non. Sans symptôme, elle ne demande aucun traitement 1. Les chirurgiens américains, en général, se contentent de rassurer 5.
On retire celles qui gênent vraiment 3. Les raisons que citent les proctologues : l’hygiène, l’image de son corps, une gêne dans la vie sexuelle, des complexes 1. Si vous devez de toute façon être opéré d’hémorroïdes ou d’une fissure, les marisques voisines sont retirées pendant la même intervention 2.
Une exception : la maladie de Crohn. Il faut alors s’abstenir le plus possible, sauf marisque extrêmement volumineuse et invalidante 26. L’ablation peut aggraver les lésions de l’anus : suppuration, rétrécissement, retard de cicatrisation 26.
Ablation d’une marisque : comment ça se passe ?
C’est un geste court, sur la peau seule.
- L’anesthésie : locale, par une injection sous la zone à retirer, quand la marisque est petite et isolée 3. Une anesthésie générale peut être nécessaire si elle est volumineuse, à base large, ou s’il y a des hémorroïdes à traiter en dessous 1.
- Où : en consultation, dont vous repartez juste après, ou en ambulatoire, pour quelques heures 3.
- La plaie : superficielle, elle ne concerne que la peau 3.
Les suites, telles que les décrivent les sources :
| Cicatrisation | 5 à 15 jours 3 ; « quelques jours » selon la page destinée aux patients 1 |
| Douleur | Minime à modérée 3, bien moindre qu’après une opération des hémorroïdes ou d’une fissure 3. Le rapport britannique, lui, juge le geste douloureux, la peau de cette zone étant sensible 22 |
| Soins | Des soins locaux simples suffisent 3 |
| Travail | Pas d’arrêt de travail après un geste sous anesthésie locale 1 |
| Saignement | Possible jusqu’au 15ᵉ jour 3 : mieux vaut ne pas partir loin pendant deux semaines 3 |
| Autres complications | Rares : infection de la plaie, souvent bénigne, ou retard de cicatrisation 3 |
| Continence | Aucun risque d’incontinence 3 |
| Résultat | La cicatrice peut rester en léger relief, ce qu’on peut prendre pour une récidive 3 |
Avant, après : pourquoi vous ne trouverez pas de chiffres. Aucune étude publiée ne mesure la douleur, la cicatrisation ou la satisfaction après l’ablation d’une marisque seule. Les études chiffrées portent sur des marisques retirées pendant une opération des hémorroïdes, ou chez des malades de Crohn. Nous avons cherché dans PubMed en septembre 2026. Aucune photo libre de droits ne montre non plus un avant et un après.
Est-ce remboursé ? L’acte figure dans la classification des actes de l’Assurance maladie, sous le code HKFA008 : « Destruction et/ou exérèse de lésion superficielle non tumorale de l’anus » 27. Sa note cite en toutes lettres l’excision de marisque 27. Son tarif de base est de 38,40 € 27. Le reste à charge dépend du médecin et de votre couverture : demandez-le avant le geste.
Marisque et maladie de Crohn
La maladie de Crohn peut toucher l’anus. Les proctologues décrivent alors des pseudo-marisques inflammatoires 28, le plus souvent ulcérées en leur centre 2. Elles comptent parmi les lésions de l’anus les plus fréquentes de la maladie 28. Chez des malades suivis en population, la probabilité d’avoir des marisques atteignait 18,7 % dix ans après le diagnostic 15.
Une étude de 2008 en distingue deux formes : des replis souples et indolores, dits « en oreille d’éléphant », et des marisques gonflées, dures, souvent bleutées 29. Elle y voit un signe qui peut annoncer la maladie, surtout chez un jeune qui a de la diarrhée, des douleurs au ventre ou un retard de croissance 29. Chez l’enfant, les proctologues recherchent une maladie de Crohn devant des marisques inflammatoires, des signes digestifs, un amaigrissement ou des douleurs abdominales 30.
Faut-il les retirer ? Les proctologues français disent de s’abstenir 26. Les études ne sont pas d’accord :
- une revue de 11 études trouve des complications chez 17,1 % des malades de Crohn opérés d’hémorroïdes ou de marisques 31, et chez 50 % quand la maladie n’était pas encore connue 31 ;
- une étude de 2019, sur 97 malades, juge l’ablation envisageable quand la maladie de l’intestin est bien contrôlée 32.
Notre lecture. Le chiffre de 50 % donne la conduite à tenir : une marisque ulcérée, ou accompagnée de diarrhée, de douleurs au ventre ou d’un amaigrissement, se signale au médecin avant toute ablation.
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Sources
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- Marisques (fiche diagnostique), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), fiche pour les soignants, consulté le 25 septembre 2026.
- Exérèse de marisques (information avant l'intervention), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), fiche d'information de 2017, consulté le 25 septembre 2026.
- Results of incidence analyses in external hemorrhoids, Der Hautarzt, 1978 (Wienert et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Hemorrhoids: Expanded Information, American Society of Colon and Rectal Surgeons (fascrs.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Recommandations pour la pratique clinique du traitement de la maladie hémorroïdaire (version longue), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), recommandations de 2013, PDF, consulté le 25 septembre 2026.
- Comparison of topically applied 0.2% glyceryl trinitrate ointment, incision and excision in the treatment of perianal thrombosis, Digestive and Liver Disease, 2001 (Cavcić et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- FAQ Hémorroïdes, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Anal fissure and thrombosed external hemorrhoids before and after delivery, Diseases of the Colon & Rectum, 2002 (Abramowitz et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- La fissure anale, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
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- Anal complaints in Nigerians attending Olabisi Onabanjo University Teaching Hospital (OOUTH), Sagamu, Nigerian Postgraduate Medical Journal, 2004 (Tade et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
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- Is haemorrhoidectomy in inflammatory bowel disease harmful? An old dogma re-examined, Colorectal Disease, 2014 (Cracco et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Hemorrhoidectomy and Excision of Skin Tags in IBD: Harbinger of Doom or Simply a Disease Running Its Course?, Diseases of the Colon & Rectum, 2019 (McKenna et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
Crédits des images
- « Harmlose Mariske », Freeridera, CC BY-SA 4.0, source : commons.wikimedia.org.
- « Mariske 01 », Kuebi = Armin Kübelbeck, CC BY 3.0, source : commons.wikimedia.org.
- « Analthrombose 01 », Kuebi = Armin Kübelbeck, CC BY 3.0, source : commons.wikimedia.org.
- « Analwarts », Colorectal at Greek Wikipedia Απόστολος Σταματιάδης, CC BY-SA 3.0, source : commons.wikimedia.org.