Comprendre les hémorroïdes : définition, fréquence, signes
Texte rédigé avec l'aide d'une IA · mis à jour le
Tout le monde a des hémorroïdes : ce sont des coussinets de vaisseaux qui aident à fermer l’anus, présents chez chacun depuis la naissance 2. Quand on dit « avoir des hémorroïdes », on parle en fait de la maladie hémorroïdaire : ces coussinets se mettent à saigner, à sortir ou à gonfler 3 1. C’est fréquent et sans gravité 1, et pour les chirurgiens colorectaux américains, cela ne cause pas de cancer 5. Mais aucun de ces signes ne leur appartient en propre : d’autres maladies de l’anus donnent exactement les mêmes 2.
Qu’est-ce qu’une hémorroïde ?
Un organe normal. Les hémorroïdes sont un réseau de vaisseaux artériels et veineux présent à l’état normal dans le canal anal 1. Ce ne sont pas de simples veines, mais des lacs sanguins associés à de petites artères et de petites veines 2. Beaucoup de pages parlent encore de « veines dilatées » ou de « varices de l’anus » : c’est inexact. Ce tissu forme en général 3 à 4 paquets en grappe, fixés à la paroi de l’anus 2.
À quoi il sert. Il fait coussinet et ferme complètement le canal anal, ce qui aide à retenir les selles 1. Il assure environ 15 % de la pression de l’anus au repos, fait glisser les selles sans blesser la paroi et participe à la sensibilité qui distingue les selles des gaz, le solide du liquide 3.
Quand il devient une maladie. La maladie hémorroïdaire, c’est l’ensemble des symptômes qui viennent de ce tissu : douleur, saignement, sortie des hémorroïdes (le prolapsus), suintements 3. Dans le langage courant, on dit « hémorroïdes » pour parler de la maladie 1. Or tout le monde a ce tissu, et il ne grossit ou ne gêne que chez une minorité 4. Deux conséquences :
- une hémorroïde interne qui ne gêne pas ne se traite pas : sa seule présence n’est pas une raison 4 ;
- la taille ne dit rien de la gêne : de grosses hémorroïdes peuvent être silencieuses, de petites très gênantes 3.
Hémorroïdes internes et externes : quelle différence ?
Il y a deux réseaux, séparés par une limite à l’intérieur de l’anus, la ligne pectinée 3. Tout le reste en découle, et d’abord la douleur : la muqueuse qui recouvre les internes ne sent ni le toucher ni la douleur, la peau qui recouvre les externes est très sensible 4.
| Hémorroïdes internes | Hémorroïdes externes | |
|---|---|---|
| Où | Plus haut et plus profond, sous la muqueuse du canal anal 1 | Sous la peau de l’orifice de l’anus 1 |
| Ce qu’elles donnent | Du sang sans douleur, ou une boule qui sort 4 | Une boule bleutée et douloureuse juste au bord de l’anus 4 |
| Se voient, se sentent | Pas au simple toucher 2 | Seulement quand elles se compliquent 2 |
Les deux ont leur page, avec les stades et les photos : elles sont listées plus bas.
Combien de personnes ont des hémorroïdes ?
Selon la source, de 4 % à 86 % des gens. Ce n’est pas une erreur : chacun compte autre chose.
| Ce qu’on compte | Chiffre |
|---|---|
| Personnes qui se plaignent d’hémorroïdes, d’après des enquêtes nationales de santé aux États-Unis | 4,4 % 9 |
| Personnes qui auront des symptômes dus à leurs hémorroïdes | environ 5 % 4 |
| Moyenne de 150 études dans le monde, près de 9 millions de personnes | 26 % 12 |
| Adultes qui en ont souffert au moins une fois | 1 sur 3 1 |
| Personnes de plus de 50 ans qui ont déjà eu des symptômes | 1 sur 2 3 |
| Adultes examinés lors d’un dépistage du cancer colorectal en Autriche | 39 %, dont plus de la moitié sans aucun symptôme 10 |
| Patients examinés, d’après les dossiers de 835 patients (1983) | 86 %, et 82 % chez ceux qui n’avaient aucun symptôme 11 |
La règle est simple : plus on examine, plus on en trouve. La moyenne mondiale est d’ailleurs plus haute quand le diagnostic repose sur un examen 12. C’est logique, puisque tout le monde a ce tissu. Les auteurs de l’étude de 1983 en tiraient déjà la conclusion : les hémorroïdes sont une partie normale du corps, pas une maladie 11. Le chiffre qui compte pour vous est celui des personnes gênées. Ni le « 1 sur 3 » de l’Assurance maladie ni le « 1 sur 2 » de la Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP) ne citent l’étude dont ils viennent.
L’âge. Elles sont plus fréquentes entre 40 et 65 ans 1. Aux États-Unis, la fréquence culmine entre 45 et 65 ans puis baisse 9, et les hémorroïdes sont inhabituelles avant 20 ans 9.
Hommes ou femmes ? Les sources ne disent pas la même chose. Pour l’Assurance maladie, les plaintes touchent autant les hommes que les femmes 1. La moyenne mondiale de 2026 trouve une fréquence plus élevée chez les femmes, 27 % 12.
Quels sont les signes des hémorroïdes ?
- Du sang rouge au moment de la selle, sans douleur. Le réseau est très superficiel, et le saignement est l’une de ses complications fréquentes 2.
- Une boule qui sort, sans douleur, par moments ou en permanence : c’est une hémorroïde interne qui s’extériorise 2.
- Une crise : chaleur, gonflement et pesanteur à l’anus 1.
- Une vraie douleur, seulement quand un caillot s’est formé, c’est-à-dire une thrombose 6. Au bord de l’anus, elle prend la forme d’une boule bleutée et douloureuse 4.
Des démangeaisons seules ne sont pas un signe classique d’hémorroïdes 3.
Mal à l’anus : est-ce forcément les hémorroïdes ?
Non. Les hémorroïdes sont la cause la plus fréquente des plaintes en proctologie, mais pas la seule 7, et aucun signe ne permet d’être sûr que ce sont elles 2. Deux indices aident :
- une douleur vive au passage des selles fait d’abord penser à une fissure 6 : une sensation de déchirure qui peut durer des heures 7 ;
- une douleur permanente qui empêche de dormir, avec une boule qui grossit, fait penser à un abcès, et c’est une urgence 7.
Même les médecins se trompent. Une étude de 2019 a repris les dossiers de 476 personnes adressées à un spécialiste pour des « hémorroïdes » 8. Le diagnostic était juste dans 65 % des cas 8. Chez les autres, c’était surtout une fissure (34 %), une marisque (27 %) ou une papille hypertrophique (6 %) 8, et l’examen a trouvé trois cancers, deux de l’anus et un du rectum 8. L’anus n’avait été examiné que dans 48 % des cas avant l’envoi 8, et l’erreur était plus fréquente quand le symptôme n’était pas une boule qui sort 8.
Des symptômes installés depuis plusieurs mois doivent donc faire consulter : ils peuvent venir d’une autre maladie 2.
Les hémorroïdes sont-elles graves ? Peuvent-elles devenir un cancer ?
Graves, non. Les hémorroïdes n’entraînent pas de complication grave 1. Leurs symptômes sont en général bénins et passagers 1. Une crise cesse en quelques jours, mais elle a tendance à revenir 1, et la maladie évolue lentement, par épisodes 4.
Un cancer, non plus, mais il faut le dire avec les données. Pour les chirurgiens colorectaux américains, les hémorroïdes n’augmentent pas le risque de cancer colorectal et ne le causent pas 5. Deux études ont regardé de plus près :
- au Danemark, 68 549 personnes hospitalisées pour une lésion bénigne de l’anus ont été suivies 13. Leur risque de cancer colorectal n’était accru que la première année 13, et les auteurs concluent que ces lésions ne causent pas le cancer de l’anus 13 ;
- une étude de 2021 trouve au contraire un risque accru de cancer colorectal après un diagnostic d’hémorroïdes, et conseille la coloscopie, surtout après un test de sang dans les selles positif 14.
Notre lecture, qui n’est écrite telle quelle dans aucune de ces sources : ce n’est pas l’hémorroïde qui se transforme, c’est un cancer qui donne les mêmes signes et qu’on prend pour elle. Les chirurgiens américains le disent à leur façon : des maladies plus graves peuvent donner des symptômes semblables 5. C’est la raison du conseil de montrer un saignement à un médecin.
Questions fréquentes
Les hémorroïdes sont-elles contagieuses ?
Non. Aucune source officielle ne l’écrit en toutes lettres, et aucune publication médicale ne traite la question : la réponse se déduit. Les hémorroïdes sont des vaisseaux que tout le monde a depuis la naissance 2, alors qu’une infection sexuellement transmissible (IST) est due à une bactérie, un virus ou un parasite 15. Il n’y a rien à transmettre.
Ce qui se transmet, ce sont des lésions qu’on peut prendre pour des hémorroïdes. Les condylomes, par exemple, sont une IST 16, et d’autres maladies de l’anus donnent les mêmes symptômes que les hémorroïdes 1.
Les hémorroïdes donnent-elles de la fièvre ?
Non, et une fièvre doit faire chercher autre chose. Devant une thrombose interne, l’apparition d’une fièvre fait penser à un autre diagnostic 18. Même une thrombose qui s’ouvre ne s’infecte pas 19. L’Assurance maladie demande de voir un médecin dès que possible en cas de douleur anale intense avec plus de 38 °C 17.
Le piège, c’est l’abcès. C’est le diagnostic que les proctologues veulent toujours écarter devant une thrombose 19. Et il ne donne pas forcément de fièvre : elle est rare 19, elle peut manquer 20. Ce qui doit alerter, c’est une douleur permanente, qui empêche de dormir, parfois pulsatile 19. Pris pour une crise et traité par anti-inflammatoires, l’abcès s’aggrave 20.
Après un traitement, c’est différent. Une fièvre, des douleurs ou des saignements plus de deux jours après une intervention justifient de consulter 21. Après une opération, une fièvre au-dessus de 38,5° pendant plusieurs heures d’affilée doit faire appeler son médecin 22.
Faut-il arrêter le sport quand on a des hémorroïdes ?
Aucune source ne le conseille. L’Assurance maladie recommande une activité physique régulière, en évitant les sports avec port de charges lourdes 17. Les charges lourdes, haltérophilie comprise, font partie des déclencheurs de thrombose incriminés 23, et un prolapsus peut sortir lors d’un effort 2.
Le reste est plus confus. L’Assurance maladie cite le cyclisme et l’équitation, mais aussi la sédentarité, parmi les facteurs favorisants 1. Les études, elles, se contredisent :
| Étude | Ce qu’elle trouve |
|---|---|
| 2 813 personnes passées en coloscopie (2015) | Les sédentaires ont moins d’hémorroïdes ; l’activité physique n’y change rien 24 |
| 467 567 assurés suivis en Corée (2022) | Plus d’hémorroïdes chez ceux qui font du sport 25 |
| 312 sportifs interrogés par un questionnaire en ligne (2025) | 57 % de ceux qui font du vélo ou de l’équitation déclarent des hémorroïdes, 48 % en musculation 26 ; une fois l’âge pris en compte, seule la musculation reste associée 26 |
| 1 033 personnes vues en crise en France (2005) | Un effort physique inhabituel était plus fréquent dans les deux semaines avant la crise 27 |
Le « 57 % des cyclistes » qu’on lit souvent vient de la troisième étude : des sportifs qui répondaient en ligne, et un chiffre qui ne tient plus quand on tient compte de l’âge. Ses auteurs rappellent d’ailleurs les nombreux bienfaits de l’activité physique 26. Aucune étude n’a testé l’arrêt du sport, ni le sport pendant une crise.
Après une opération, les consignes sont précises : pas de sport ni de vélo pendant au moins deux semaines 22 ; natation et sports violents seulement une fois la cicatrisation complète, soit 4 à 6 semaines environ 21.
Les règles peuvent-elles déclencher une crise d’hémorroïdes ?
Les proctologues le décrivent, sans que personne l’ait mesuré. La SNFCP range les menstruations parmi les facteurs les mieux documentés 2 et les règles parmi les déclencheurs de thrombose 23 ; la crise est plus marquée en période prémenstruelle 3. L’explication avancée est hormonale, au conditionnel : des récepteurs hormonaux existent au niveau des coussinets 28.
Deux études nuancent. Chez 34 femmes opérées, la paroi des vaisseaux hémorroïdaires ne portait aucun récepteur hormonal 29. Chez les femmes de moins de 40 ans vues en consultation, aucun facteur lié à la vie génitale n’était associé aux crises 27. Et aucune étude n’a suivi les symptômes hémorroïdaires au fil du cycle.
Une autre piste, qui reste une hypothèse : le transit change pendant les règles. Chez des femmes en bonne santé, 24 % ont la diarrhée avant les règles et 28 % pendant 30, et la diarrhée fait partie des troubles du transit qui favorisent les crises 2.
Un saignement qui revient à chaque cycle mérite d’en parler à un médecin. L’endométriose du rectum donne des douleurs à la selle et des traces de sang 31, et ses lésions saignent à chaque cycle 31. On ne peut affirmer qu’un saignement vient des hémorroïdes qu’après avoir écarté une autre lésion 21.
Sources
- Hémorroïdes : définition, facteurs favorisants et symptômes, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
- Les hémorroïdes, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- La maladie hémorroïdaire, Société nationale française de colo-proctologie, La Revue (larevue.snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Hemorrhoids: Expanded Information, American Society of Colon and Rectal Surgeons (fascrs.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Hemorrhoids, American Society of Colon and Rectal Surgeons (fascrs.org), consulté le 25 septembre 2026.
- AGA Clinical Practice Update on Diagnosis and Treatment of Hemorrhoids: Expert Review, Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2026 (American Gastroenterological Association), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Sang, douleur, grosseur anale : est-ce que ce sont vraiment mes hémorroïdes ?, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Evaluating the Accuracy of Hemorrhoids: Comparison Among Specialties and Symptoms, Diseases of the Colon and Rectum, 2019 (Idrees et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- The prevalence of hemorrhoids and chronic constipation. An epidemiologic study, Gastroenterology, 1990 (Johanson et Sonnenberg), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- The prevalence of hemorrhoids in adults, International Journal of Colorectal Disease, 2012 (Riss et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- The prevalence of hemorrhoids, Diseases of the Colon and Rectum, 1983 (Haas et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Worldwide prevalence of haemorrhoids: a systematic review and meta-analysis, Annals of Medicine, 2026 (Esmaeilnia Shirvani et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Benign anal lesions and the risk of anal cancer, New England Journal of Medicine, 1994 (Frisch et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Colorectal Cancer Risk in Patients with Hemorrhoids: A 10-Year Population-Based Retrospective Cohort Study, International Journal of Environmental Research and Public Health, 2021 (Wu et al.), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Maladies et infections sexuellement transmissibles, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
- Démangeaisons de l'anus (ou prurit anal) : symptômes et causes, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
- Hémorroïdes : que faire pour être soulagé et quand consulter ?, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
- Thrombose hémorroïdaire interne (mini-guide des urgences en proctologie), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Que faire devant une thrombose hémorroïdaire en service non spécialisé ?, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Abcès anal (mini-guide des urgences en proctologie), Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Hémorroïdes : consultation et traitement, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.
- Vous venez d'être opéré de l'anus ? Questions/réponses, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Thrombose (ou crise) hémorroïdaire, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Risk Factors for Hemorrhoids on Screening Colonoscopy, PLoS One, 2015 (Peery et al., États-Unis), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Socio-demographic factors and lifestyle associated with symptomatic hemorrhoids: Big data analysis using the National Health insurance Service-National Health screening cohort (NHIS-HEALS) database in Korea, Asian Journal of Surgery, 2022 (Corée du Sud), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Sport practice and hemorrhoidal disease: results from a self-assessment questionnaire among athletes, International Journal of Colorectal Disease, 2025 (Italie), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Risk factors associated with hemorrhoidal symptoms in specialized consultation, Gastroentérologie clinique et biologique, 2005 (Pigot et al., France), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- FAQ Hémorroïdes, Société nationale française de colo-proctologie (snfcp.org), consulté le 25 septembre 2026.
- Expression of estrogen and progesterone receptors in the anal canal of women according to age and menopause, Diseases of the Colon & Rectum, 2010 (Parés et al., Espagne), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Gastrointestinal symptoms before and during menses in healthy women, BMC Women's Health, 2014 (Canada), notice PubMed, consulté le 25 septembre 2026.
- Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution, Assurance maladie (ameli.fr), consulté le 25 septembre 2026.